The Host

Memories of Murder. Ah. Memories of Murder... Ces trois mots ont le mérite de me faire voyager. Son réalisateur Joon-ho Bong aura donc mis 3 ans pour nous envoyer son nouveau bébé, que dis-je son nouveau joyau, car comme pour MoM en 2003, qui mettait un grand coup de latte dans le film policier, genre endormi depuis longtemps, par son ton décalé, son humour, The Host est à n'en point douter un nouveau chef d'oeuvre pour le pépère, qui opère cette fois-ci dans le domaine fantastique. Et dieu que cette phrase est longue.

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Memories of Murder. Ah. Memories of Murder… Ces trois mots ont le mérite de me faire voyager. Son réalisateur Joon-ho Bong aura donc mis 3 ans pour nous envoyer son nouveau bébé, que dis-je son nouveau joyau, car comme pour MoM en 2003, qui mettait un grand coup de latte dans le film policier, genre endormi depuis longtemps, par son ton décalé, son humour, The Host est à n’en point douter un nouveau chef d’oeuvre pour le pépère, qui opère cette fois-ci dans le domaine fantastique. Et dieu que cette phrase est longue.

Dans The Host, on aura le plaisir de retrouver (ou de découvrir) le grand Kang-ho Song, déjà aux ptits oignons dans MoM, dans le rôle de Kang-du, un bon gars dirons nous. Il n’a plus de femme mais une gamine d’une douzaine d’années bien gentille Hyun-seo. Tous deux vivent au bord de la rivière Han, dans le snack du grand-père, Hie-bong, une bonne gueule de vieux, affable et dévoué à ses enfants. A ce joli trio il convient d’ajouter le frère de Kang-du, Nam-il, jeune chômeur diplômé, et Nam-ju, fierté familliale, puisque medaillée en tir à l’arc.

Vous vous direz mais où qu’il est le fantastique qu’on nous a promis ?! J’y viens les amis. Les scénaristes Chul-hyun Baek, Joon-ho Bong et Won-jun Ha se sont inspirés d’un fait réel. En 2000, dans une base militaire américaine, un officier américain ordonna à un de ses subalternes coréens de déverser du formol -vous vous doutez que ce n’est pas du p’tit lait- dans les égouts menant à la rivière Han. Bien obligé, le coréen obtempéra. Le gourvenement coréen se heurta ensuite au refus des américains de livrer le vilain officier à la justice coréenne. Forcément, l’opinion public coréenne fut quelque peu choquée de voir que son gouvernement n’était pas souverain sur ses terres. Ce n’est qu’en 2005, que le pollueur fut condamné, -enfin- en sa présence. Il ne fit cependant aucune peine de prison.

La joyeuse équipe de scénaristes a donc repris pour elle le début de ce fait divers, car le déversement de produits toxiques dans la rivière a donné naissance à un monstre, une sorte de tetard géant et belliqueux, qui aime à consommer de l’humain. Ce dernier a choisi, comme de par hasard, le parc où se trouve le snack pour lieu de sa première attaque. Tuant de nombreuses personnes, il emmène la petite Hyun-seo, sans pour autant la tuer. S’ensuit alors la chasse au monstre pour retrouver la petite dernière.

Fantastique hein ? Oui mais pas seulement. Et c’est là dessus que l’ami Joon-ho Bong est fort. Car son film est un sorte de drame écolo-fantastique tragi-comique. Comprenez par là qu’il sort de toute classification pré-établie. Comme pour MoM, il parvient à créer cette atmosphère qui lui est propre, cette ambiance tout aussi propice aux frissons qu’au rire, voire aux larmes.
Visuellement, c’est rien chouette. La bête, fruit du travail d’anciens d’ILM est une merveille d’animation; la photo est impec’, quand la pluie tombe au bord de la rivière c’est grandissime. La musique est au diapason. Riche en cordes, elle apporte aussi son lot de frissons d’extase.

N’y allons pas par quatorze chemins (quoi quatre ?!). The Host est une jouisse totale. Un grand moment de cinéma fantastique comme seuls les asiatiques savent les faire désormais. Trouvez moi un film « de monstres » americain ou européen avec une telle ampleur dramatique et humoristique et je vous paye une bière au Beer (Place du 30 Octobre à Dijon -oui c’est de la pub même pas déguisée ^^-) ! C’est drôle, triste, melancolique, rythmé et oppressant à la fois. Durant les deux heures que durent cette offrande on ne s’ennuie pas une seconde, passant par toutes les émotions de la palette. On ne peut dire qu’encore à la fin.

Vous n’avez pas le droit de ne pas y aller.

Un film à voir et revoir à l’Eldorado pour les résidents de la belle capitale bourguignonne

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