Miami Vice

Il y a des films comme ça, dont l'intrigue tient sur un timbre poste, où les acteurs (notamment un) font très peur, et pourtant une force invisible quasi mystique vous pousse à y aller quand même... et finalement, ben c'est bon.

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Il y a des films comme ça, dont l’intrigue tient sur un timbre poste, où les acteurs (notamment un) font très peur, et pourtant une force invisible quasi mystique vous pousse à y aller quand même… et finalement, ben c’est bon.

Miami Vice

Malgré les quolibets, malgré les « c’est tout pourri », malgré les « Farrell joue comme une burne » et autres encouragements masochistes du plus bel effet, il fallait quand même aller voir ce film du bon Michael Mann, petit réalisateur sans prétention, qui n’a pas encore la carrure d’une petite perle indépendante, mais qui semble avoir de l’avenir dans le milieu, c’est moi qui vous le dis…

Blague à part, qu’en est-il de cette bobine ? 135 minutes d’infiltration d’un gigantesque cartel de drogue avec des offshores, des grosses bagnoles qui brillent la nuit, des poursuites endiablées, de la romance, de la cool attitude des années 2000 (sunglasses et barbichettes), des scènes de douche et des sacrées fusillades. Vous mixez le tout, vous rajoutez un Colin Farrell loin d’êt’ dégueu, une Gong Li taille mannequin et diablement séduisante, un Jamie Foxx pas super présent au sens propre comme au figuré et 2-3 seconds rôles de bonne facture (notamment Naomie Harris, choucardinette et dont le rôle aurait pu être un tout p’tit peu développé) ; vous saupoudrez d’ambiances nocturnes somptueuses dignes de cartes postales, plus 2-3 jolis morceaux de musique (pas fans d’Audioslave et Moby s’abstenir) : vous obtenez un bon p’tit programme qui vous scotche bien au siège.

Alors soyons clair, à part Miami, les noms des 2 flics, la testostérone et les grosses bagnoles il n’y a aucun mais alors vraiment aucun rapport avec la série originelle (en même temps il faut reconnaître que ça n’aurait pas été forcément hyper pertinent de faire un remake d’une série excessivement typée 80’s). Mais bon tant pis, même si c’est un peu une trahison, on est loin du niveau daubesque de quelques infâmes objets commis dans les 90’s (au hasard Chapeau Melon et Bottes de Cuir, le Saint, Vidocq (un véritable scandale) et à un degré moindre Wild Wild West (moindre parce qu’il y a dans ce « film » une grosse mexicaine que j’aime bien mais qu’y a des bras aussi gros que les cuisses d’un joueur de l’équipe réserve de l’AS Saint Apo dont je tairai le nom, dixit Nicolas G..) fin de la parenthèse).

Alors c’est vrai que Miami Vice souffre de quelques légers défauts qui font qu’il ne s’agit pas d’un des meilleurs films de Mann : une construction un peu déséquilibrée, un scénario pas mal mais pas extra non plus, quelques petites longueurs, mais surtout le plus gros défaut du film : l’absence totale d’alchimie entre les 2 flics, symbiose pourtant véritablement caractérisique de chefs d’oeuvre tels que Heat, Collatéral et Révélations (quoique, le couple Farrell-Li fonctionne super bien, c’est la grande classe).

Il s’agit quand même d’un bon film, l’on se doit de finir sur une note positive que diable : parlons donc de la prestation de l’acteur irlandais, d’un niveau très honorable, surtout que la grande partie du film repose sur ses épaules (on notera toutefois quelques écarquillements oculaires et autres gesticulations nasales d’un goût fort douteux à des moments peu propices à ce genre de fantaisies faciales et entraînant fatalement chez le spectateur un ébranlement de l’arcade zygomatique, et ce bien malgré lui). Ajoutons à la bonne tenue de route des acteurs (qu’est ce qu’elle est belle Gong Li) une photographie de toute beauté (les cartes postales nocturnes, les jolies traînées des offshores dans l’eau, les poursuites en voiture sur l’autoroute de nuit, le vent dans les palmiers à la fin, raaaaaaaaah ce mec est une caméra vivante), des scènes à couper le souffle (quand les armes parlent, c’est terriblement bien foutu) et une fin digne d’un grand épisode de série TV (sûrement encore un clin d’oeil) : y avait de quoi sortir avec la banane du cinoche, même si c’était le Devosge (bruits de vomi et de flatulences très humidifiées).

En définitive, un chouette moment cinématographique, à voir en VO bien entendu, car les adaptations françaises de nos jours ont tendance à rendre un bon film terriblement mauvais (quoique contre exemple avec Pirates des Caraïbes 2, la VF est très acceptable). Quoiqu’il en soit pour ma part, 8ème film de Michael Mann, 8ème réussite : ce mec est un génie. Merci Michael, tu reviens nous voir quand tu veux (si tu pouvais filmer un p’tit orage dans ton prochain film, stp, ce serait le panard !!! tongue).

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