Jusqu’en Enfer (Drag me to Hell)

Je vénèrerai à jamais Sam Raimi. Pas pour le calamiteux Pour l'amour du jeu (flim vaguement sportif avec Kevin Costner), pas non plus pour le bof bof Mort ou Vif (avec Leo et Sharon Stone), pour le juste bof Intuitions (avec Cate Blanchett), ou pour la très lucrative trilogie -pour l'instant- Spiderman. Non.

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drag me to hell afficheJe vénèrerai à jamais Sam Raimi. Pas pour le calamiteux Pour l’amour du jeu (flim vaguement sportif avec Kevin Costner), pas non plus pour le bof bof Mort ou Vif (avec Leo et Sharon Stone), pour le juste bof Intuitions (avec Cate Blanchett), ou pour la très lucrative trilogie -pour l’instant- Spiderman. Non.

Si je voue un culte à ce type, c’est pour la trilogie Evil Dead, entamée voici un quart de siècle. Le premier et le second étaient des gros flims de potes faits avec des bouts de ficelles, aussi drôles que tendus. le troisième, avec un plus de budget était … toujours un flim de potes avec des FX fait à la main. Bref la classe.

Depuis 1994 et Evil Dead 3, le grand Sam n’avait plus touché à l’horreur, se contentant d’aligner les bofs avant l’araignée aux œufs d’or… Et voilà ce Drag me to Hell, sorti de nul part, curieusement présenté à Cannes cette année, qu’on nous annonce comme le retour du Sam Raimi façon Evil Dead. Fallait donc que je vois ça de mes propres yeux.

Déjà le casting est frais et sympathique. Alison Lohman, charmante jeune fille appréciée dans la Vérité nue et les Associés et la bonne gueule Justin Long (Dodgeball, Die Hard 4) tiennent les rôles principaux. A leur côté, des acteurs inconnus et quelques seconds couteaux rompus à l’exercice comme David Paymer (une filmo ciné/tv longue comme l’attente à un concert de Lenny Kravitz). Problème n°1, on l’a vu en VF et le doublage est risible du début à la fin. Le ton n’y est jamais et certaines voix sont mal choisies. Grosse envie de le revoir en VO donc.

Passé ce petit souci de francisation, nous voilà devant une excellente comédie horrorifique. Comme me le faisait remarquer Marshall, on a été un peu victime du syndrome OSS 117, on était vraisemblablement les seuls à se marrer dans la salle … Faut croire que les gens n’entrevoient plus le second degré. Ça fourmille d’idées à la réal’, Sam nous fait toujours ses bons vieux trav’ avant saccadés comme il faut, trouve des angles et des plans improbables, jouent avec la musique et le son comme personne pour bien faire monter le jus.
Des insectes, des matous, des boucs, des ptites vieilles, tout y passe dans cette histoire d’ensorcellement. Oui parce que je ne vous ai même pas encore raconté l’histoire. Christine Brown est une employée de banque en charge des prêts. Un jour elle refuse un nouvel emprunt à une petite vieille endettée. Problème la vioque est une gitane et va lui jeter un sort : trois jours plus tard, elle sera emmenée en enfer par le Lamya, sorte de démon mi-bouc, mi-chel Sardou.
Vous vous doutez bien que pendant ces trois jours il se passera plein de choses…

… et vous ne vous ennuierez pas une seconde. Un peu comme un grand huit, la tension monte et descend, jusqu’à une bien bonne fin que je vous laisse savourer. Pour peu que vous soyez sensibles au genre d’humour présenté ici, à base de bave, de sang, d’yeux et d’enclume, dans des situations toujours plus énormes, vous passerez un beau moment de détente, où l’on trésaute peu -enfin ça dépend qui- mais où l’on rie de bon coeur.
C’était donc vrai, on a retrouvé le Sam Raimi d’Evil Dead. Celui-là même que je croyais perdu à jamais. Enfin bon, ça ne vaut pas Evil Dead non plus, il n’y a pas la grande gueule de Bruce Campbell.
Par contre j’ai un peu peur quand je vois que le père Raimi a un Evil Dead 4 en projet. Pour l’instant sans Bruce Campbell en plus. Donc sans Ash … Là pour le coup j’ai peur.

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