Watchmen

Mea culpa. Je ne voulais pas y aller. Je doutais que Zack « 300 » Snyder puisse adapter l'excellent pavé graphique d'Alan Moore et Dave Gibbons. J'avais tort.

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Mea culpa. Je ne voulais pas y aller. Je doutais que Zack « 300 » Snyder puisse adapter l’excellent pavé graphique d’Alan Moore et Dave Gibbons. J’avais tort.

Comme quoi avoir des journées pourries au boulot ça sert des fois, parce que j’étais prêt à lui faire un procès d’intention à ce flim. Tellement fermé au projet que je ne savais très sincèrement rien du casting si ce n’est la présence de la délicieuse Malin Akerman. Mais c’était le premier flim à commencer, alors me voilà posé au milieu d’un bon paquet de gens attendant le début du flim. Quelques bandes-annonces insipides plus tard. Ca commence.

Le pré-genérique, l’assassinat du Comédien, bien réalisé, bien monté (le prégen, pas le Comédien), ça démarre pas mal. Snyder finit sur le badge ensanglanté, claaaaasse … et enchaîne sur le générique. Les premières notes de The times they are A-changin de Dylan résonnent. Les images défilent. La première génération des « super-héros » apparaît sous nos yeux. Grandeur et décadence. De héros à rebuts. Vie et mort. Sacré entrée en matière. J’y prendrai presque déjà du plaisir tellement c’est bien agencé.

Et le pire, ou plutôt le meilleur- c’est que jamais le soufflé ne retombera. Snyder rend une copie parfaite à la réalisation d’un scénario plutôt bien « dérivé » du pavé. Et pourtant c’était casse gueule. Oh oui, c’était casse-gueule, mais même en s’affranchissant de quelques passages, en rendant l’action plus présente et violente, en minimisant la présence de certains personnages, Snyder et ses copains scénaristes ont réussi à conserver l’esprit noir et amer de la BD. La partie n’était pas gagnée d’avance. On peut déjà dire bravo, même si on regrettera quand même l’absence du comics de la BD…

Vous me direz mais de quoi ça parle au juste ? Watchmen c’est une uchronie. Nous sommes en 1985, Nixon enquille les mandats. Par le passé des flics sont devenus des super-héros costumés avant de prendre leur retraite. Certains sont restés anonymes, d’autres ont révélé leur identité au public. Le monde ne va pas franchement bien. La troisième guerre mondiale, du genre atomique est sur le point d’éclater entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique. Un ancien costume est assassiné (Le Comédien comme précisé plus haut). C’est ici que commence l’enquête de Rorschach, qui pense à un complot contre les ex-superhéros.

Un bon scénario, une belle photo, une bonne réalisation, des effets spéciaux et une bande orignale impeccables. Si on y ajoute des comédiens dans l’ensemble inspirés, Patrick Wilson (Hibou 2), Jackie Earle Haley (Rorschach) et Malin Ackerman (Jupiter 2) en tête, on a devant soit un des meilleurs flims de superhéros vu au ciné.

Mais bon tout n’est pas rose non plus. Certains acteurs sont bien moins convaincants que les trois susnommés, je pense notamment à Matthew Goode (Ozymandias). J’ajouterai que c’était une VF, sans doute cela n’arrange-t-il pas les choses. Vivement le DVD pour juger en VO. Autre point qui en découragera certains, c’est que, comme la BD, le flim est long. 2H45. Peut-être eut-il mieux valu faire deux flims de deux heures et développer un peu plus des personnages qui le méritait. Il y avait la matière.

Voilà, voilà. Le vieil adage est vrai, faut goûter un truc avant de dire que c’est mauvais. M. Snyder, je m’excuse. 300 était un bon divertissement techniquement excellent au scénario et au jeu d’acteur beaucoup trop bas de plafond pour qu’on vous croit capable d’un Watchmen aussi solide. Et vous l’avez fait. La copie n’est certes pas parfaite mais c’est plus qu’un simple divertissement ou qu’un bête flim d’action. C’est pas le Dark Knight non plus, mais qui sait, maybe next time

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