Martyrs

Martyrs avait fait parler de lui à Cannes l'an dernier, au marché du flim plus précisément, où il avait reçu un bel accueil mais s'était vu affubler d'une interdiction au moins de 18 ans, le rendant quasi impossible à distribuer.

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Martyrs avait fait parler de lui à Cannes l’an dernier, au marché du flim plus précisément, où il avait reçu un bel accueil mais s’était vu affubler d’une interdiction au moins de 18 ans, le rendant quasi impossible à distribuer. Et puis finalement, une interdiction ramenée aux moins de 16 plus tard, on a le droit de le voir en salle. Vous l’aurez compris, l’Eldorado à Dijon faisait partie des heureux 69 cinemas français à avoir une copie du flim dont je vais vous entretenir quelques minutes. Voire quelques secondes.

Curieux objet que ce Martyrs. J’avoue ne pas trop savoir comment attaquer cette petite chronique. On va être logique en attaquant par l’histoire. J’essaierai juste de ne pas trop en dire, parce qu’il y a un ou deux twists sympas -d’autres un peu moins mais bon-.

Martyrs conte donc l’histoire de Lucie (Mylène Jampanoï), enlevée, séquestrée et torturée dans son enfance, qui après quelques années passées dans un foyer, retrouve le couple de tortionnaires, aidée en cela par sa seule copine (Morjana Alaoui).

A la base c’est donc encore une histoire de vengeance. Sauf que dans le cas présent, elle est vite expédiée en cinq coups de fusil. On ne va pas y aller par quatre chemins, j’ai du mal à classer Martyrs dans la catégorie flims d’horreur. Non pas que l’hémoglobine ou les objets contondants soient absents, bien sûr que non. C’est froid, c’est léché. C’est presque trop « esthétisant » pour être horrible. La première heure, avant la révélation des motivations des tortionnaires est une jolie claques aux mauvaises odeurs. Fort bien interprété, excellente réalisation, belle photo, ça fait plaisir de voir des flims français comme ça. Même l’idée d’incarner les fantômes du passé de Lucie, qui de primes abords m’a semblé bidon, marche. Cette créature qui n’a plus grand chose d’humain en devient légitime, au fur et à mesure que se découvre le personnage incarné par Mylène Jampanoï.

Les dernières quarante minutes sont un peu moins sympathique. C’est là que beaucoup ont commencé à comparer Martyrs à un Hostel. Personnellement, je n’ai pas du tout -mais alors pas du tout- aimé Hostel. Les scènes de violence gratuite, ça m’a jamais tellement botté. Et j’avoue qu’en sortant de la salle, je me disais dommage d’avoir pondu une jolie première heure et de faire quarante minutes de torture. Et puis on commence un peu à y repenser, à se dire, que finalement le réal’ a bien réussi son coup. Faire réfléchir. Il n’y au final qu’assez peu de flots d’hémoglobine dans cette deuxième partie; La violence quand elle est montrée est sèche comme un coup de poing. Rien à voir avec le grand-guignol des slashers ricains. On partage le calvaire de la demoiselle, un peu comme on ne pouvait rester extérieur à celui de Laurent Lucas dans Calvaire justement.

Martyrs est un flim vraiment pas tout public, mais que je recommande vraiment. Je pense qu’il déplaira à beaucoup, peut-être même à mes collègues, mais personnellement je me dis qu’un flim qui continue à vous hanter quelques jours voire quelques semaines après l’avoir vu est une réussite.

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