Clerks 2

Vous aimez les fast-foods, les glandeurs, les Transformers, le Seigneur des Anneaux, les Jackson five, les baudets, les singes de gouttière et pratiquer le « ass-to-mouth » ? Alors la suite de l'inégalé Clerks est pour vous.

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Clerks II

Vous aimez les fast-foods, les glandeurs, les Transformers, le Seigneur des Anneaux, les Jackson five, les baudets, les singes de gouttière et pratiquer le « ass-to-mouth » ? Alors la suite de l’inégalé Clerks est pour vous.

Histoire de vous mettre sereinement dans l’ambiance…

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Clerks reste pour moi l’une des meilleures comédies des années 90. Fauchée, tournée en noir & blanc, avec 3-4 décors tout au plus, elle avait tout du bon petit film de potes, avec des dialogues crus et d’une justesse que pas mal peuvent -toujours- lui envier. Nous y suivions le quotidien de Dante Hicks (Brian O’Halloran) et Randal Graves (Jeff Anderson), respectivement employés d’une supérette et du videoclub adjacent.
Douze ans plus tard, la suite sort sur nos écrans. Malgré toute la sympathie que j’ai pour le gros barbu, j’avoue que l’idée de voir la suite de ce fétiche me faisait un peu peur. Mes craintes se sont évanouies aussi vite que les larmes de joie ont commençé à poindre.

Sorti en 1994, présenté à la quinzaine des réalisateurs de Cannes, le film permis à son réalisateur-scénariste-dialoguiste-monteur-etc Kevin Smith -le gros barbu et Silent Bob accessoirement- de se faire un nom. Cinq bons, voire très bons films plus tard, il décide en 2000 de mettre la suite sur les rails, après avoir vibré en supervisant la fabuleuse édition DVD des dix ans de Clerks*, et pour honorer une promesse faite à l’acteur Jason Mewes.

Grand bien lui en a pris. Plus de budget, plus de vécu, plus de potes, et un film sur Jay et Silent Bob plus tard, il peut faire ce qu’il veut.

Le convenient store où bossait Dante a brûlé, et par extension le vidéo club. Lui et Randal bossent désormais dans un fast food. Leur quotidien n’a pas beaucoup changé, passant toujours beaucoup de temps à discuter de tout et de rien, Randal mettant copieusement en boîte le jeune Elias (Trevor Fehrman), fan du Seigneur des Anneaux et dont la petite amie a de bien curieuses bestioles dans les orifices, mais ne déflorons pas. Surtout pas. Tout ce petit monde est sous les ordres de la magnifique, la sublime, la choucarde en diable Becky (Rosario Dawson). Malheureusement, toutes les belles histoires ont une fin et Dante s’apprete à mettre les voiles direction la Floride avec sa fiancée … Nous suivons donc la dernière journée de boulot de cette petite équipe.

Le premier Clerks reposait essentiellement sur son ambiance et ses dialogues fameux à propos de cinéma, de sexe, d’amour aussi, sur un ton assez cru. Personne n’a oublié les fameuses tirades de Randal sur les pornos hermaphrodites ou sur le Retour du Jedi, ni la pratique par la douce de Dante du « snowball », Il y a dans ce Clerks 2 de parfaits échos de ces grands moments de littérature, de cynisme et de poésie. Rien ne change dans le New Jersey, c’est chez nous ^^
Vu qu’il a un peu plus de budget, le gros Kevin y a aussi ajouté du comique de situation, qu’il avait bien expérimenté avec Jay et Silent Bob strike back. Si vous aimez l’érotisme inter-espèces, vous allez être servi. Hi han.

Pour la deuxième fois de la saison après Borat, j’ai donc pleuré de rire au cinéma. A en avoir mal aux zygomatiques pendant quelques heures. C’est de l’humour gras, potache, fortement porté sur la Chose, mais que diantre l’interpretation est à la hauteur du texte. On découvre à cette occasion Trevor Fehrman, qu’on devrait revoir assez vite à mon avis, parce que ce ptiot là a deux trois scènes pas piquées des hannetons, et il s’en sort plus que haut la main. Que dire de Jason Mewes et Kevin Smith himself, fidèles à eux-même dans des personnages qu’ils affectionnent tellement… Et Rosario Dawson est aussi impeccable que craquante, il n’y a pas d’autres mots. Quel sourire. Oh la la la. Je maintiens qu’elle était trop masculine dans Sin City, même si le rôle était ainsi. Elle est ici tout aussi classe que dans le 25th Hour de Spike Lee, mais dans un rôle comique. On a bien évidemment le plaisir de croiser des habitués, Jason Lee et Ben Affleck en tête. Attendez. Je me relis. Ah oui tiens, Ben Affleck et plaisir dans la même phrase. Ma foi. Quand on sait l’utiliser ^^.

Plus encore que cet humour totalement débridé qui ne plaira pas à tout le monde -deux personnes sur les six qui étaient avec nous dans la salle sont partis après une demi-heure, c’est dire-, la réelle force du film c’est le potentiel affectif des personnages. Peut-être encore un peu plus quand on connaît le premier par coeur. Comme une impression de retrouver des vieux potes, comme quand on revoit O’Halloran à l’écran au début du film. On irait presque lui mettre une claque dans le dos. Et ce p’tit con de Randal qui n’aime personne … Jay et Silent Bob, pareil. Même si on les a croisés de ci de là, au gré des envies de Kevin à tourner, ou des problèmes de dépendance de Jason. Ce flim était l’occasion pour Smith de retrouver des personnages auxquels il était viscéralement attaché, et ça se sent. Aux détours de bonnes grosses scènes, on trouve souvent même si c’est pour une petite dizaine de secondes, des petits espaces un peu plus mélancoliques, à peine palpables, jusqu’à cette dernière scène absolument fabuleuse, qui boucle une superbe boucle.

C’est un vrai film de potes, dont on a la sensation de faire partie, qui réussit le tour de force d’être hilarant et émouvant. Me demande encore pourquoi j’avais peur de les retrouver. Foncez les enfants.

Merci et Chapeau Mr. Smith.

* malheureusement uniquement en Zone 1, mais rien ne vous empêche de faire comme votre serviteur et commander sur amazon

PS: « Forgive me Jesuuuuuuus ! »

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