Rocky Balboa

Il y a plus de 15 ans, Sylvester Stallone enterrait le personnage de Rocky avec son 5ème opus. Une franchise qui avait démarré dans un souci de modestie et de combativité (Rocky I et II) avant de se laisser aller à des penchants mégalomaniaques en passant par certaines idéologies parfois exacerbées d’un goût assez discutables (Rocky III et IV), pour finir par sombrer dans l’autoparodie la plus grotesque (Rocky V). Mais comme le dit le vieil adage, les légendes ne meurent jamais…

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Il y a plus de 15 ans, Sylvester Stallone enterrait le personnage de Rocky avec son 5ème opus. Une franchise qui avait démarré dans un souci de modestie et de combativité (Rocky I et II) avant de se laisser aller à des penchants mégalomaniaques en passant par certaines idéologies parfois exacerbées d’un goût assez discutables (Rocky III et IV), pour finir par sombrer dans l’autoparodie la plus grotesque (Rocky V). Mais comme le dit le vieil adage, les légendes ne meurent jamais…

05/02/2007 // Bref rappel historique post-Rocky V : les 90’s furent pour Sly un moyen relativement aisé de sortir de la peau de ce personnage mythique, ainsi que celle de son cousin Ramboesque, grâce à de bonnes productions au succès mérité (Cliffhanger, Demolition Man, Judge Dredd, Daylight et même Copland, succès critique) ; ayons l’amabilité d’oublier certains dérapages pour ne pas dire navets, tels que le fabuleux Arrête ou ma mère va tirer et le très nul L’expert (Gueguette, si tu lis ce texte, on sait que tu aimes ce grand film avec Sharon « ohlàlà la crrrrrr… » Stone ^o^). Malheureusement, les 2000’s ne furent pas du tout du même tonneau et les nanards tels que Driven, Get Carter et D-Tox eurent vite raison de l’Etalon Italien, dont le statut d’étoile d’Hollywood était en train de prendre un sacré coup dans la tronche. Il en fut même réduit à tourner dans une production Besson à savoir Taxi 3, c’est pour dire combien le côté romantique de l’homme aux paupières tombantes était en train de plonger inexorablement du côté décati de la force.

Alors, à l’aube de son 60ème anniversaire, Sly décide de se remuer le popotin et tente un coup de poker qui a fait rire , moi le premier je le concède aisément, tout le monde : faire renaître Rocky de ses cendres, pour un ultime combat, une ultime montée sur le ring. Après de longs mois à trouver le financement (les producteurs y sont allés franchement à reculons), Sylvester Stallone écrit, joue et dirige l’ultime, le dernier Rocky : ROCKY BALBOA. Et au fil des mois où la date fatidique de la sortie approche, un je ne sais quoi fait naître un espoir fou : d’abord, l’affiche de toute beauté, puis la bande annonce, où la touche nostalgique annoncée et mise en avant semble du meilleur tonneau. Et puis merde, ça a l’air vraiment bon , pi c’est Rocky quand même quoi, un de nos plus grands héros des années 80, on a grandi en regardant ses films, on a pas le droit de rater ça, zut à la fin.

Alors, on y va. L’histoire est toute simple : Rocky a 60 ans, il a laissé derrière lui ses titres et sa femme Adrian, décédée quelques années plus tôt. Il tient maintenant un restaurant (Adrian’s), où il accueille ses clients en leur racontant ses faits de gloire, et en aidant ses amis. Mais sa vie est loin d’être rose, comme elle l’a toujours été pour lui d’ailleurs : Adrian s’est éteinte et il a plus que du mal à faire son deuil, et son fils, Rocky Jr (aka Robert), est très distant avec ce père dont le nom et l’image lui font de l’ombre. Rocky traîne sa carcasse déguingandée dans les rues de Philadelphie, aide comme il peut une ancienne connaissance, Mary, en lui proposant du travail à elle et son fils : 30 ans plus tard, Rocky n’a pas changé, toujours le cœur sur la main et pas la langue dans sa poche. Oui mais voilà, une flamme s’est quand même éteinte, ou pire elle est enfouie en lui et rien ne peut l’en faire sortir.

Un coup de pouce du destin va lui permettre de sortir de cette torpeur : un match par ordinateur l’opposant au champion en titre, Mason « The Line » Dixon le déclare vainqueur par K.O. Dixon n’est pas aimé du public, ayant la fâcheuse habitude de terminer ses combats de manière expéditive face à des adversaires de seconde zone. Dixon n’en a cure, et ne voit pas du tout l’utilité de redorer son blason terni en se rabaissant à affronter un vieillard de 60 piges. Mais l’insistance de ses managers et de son coach le font changer d’avis. Rocky, lui, n’attend que ça, et après avoir obtenu difficilement sa licence, un combat d’exhibition de 10 rounds est programmé, combat qui sera le dénouement du film. Rocky va alors suivre la longue préparation habituelle (entraînement contre les morceaux de barbaques dans le hangar où travaille le fidèle Paulie (Burt Young forever), footing avec son toutou, le brave Punchy, pour finir en apothéose par la montée des marches du Museum of Art de Philadelphie avec le poing levé (rhâ cette musique en plus), et ce jusqu’au jour J. Et je vous dirais pas c’est qui qui gagne, non mais !

Verdict : sincèrement les enfants, c’est pour ce genre de film qu’on va au cinéma. Emotion, suspense, action : tous les ingrédients sont réunis pour sortir de la salle ravi, un sourire béat sur les lèvres longtemps après le générique de fin. Copie carbone quasi parfaite du 1er opus à tous les niveaux, on en viendrait presque à occulter les quelques défauts du film, notamment le combat final où les effets de toute sorte sont un peu en trop et où la sobriété du 1er combat entre Rocky et Apollo Creed n’est pas atteinte. Mais bien au delà de tous ces petits détails, bien au delà des exagérations, on marche à fond, on est happé par ce personnage mythique, et le couple encore plus mythique qu’il forme avec Adrian, même absente. Les RO-CKY, RO-CKY de la fin ne peuvent qu’accentuer cet état de fait : non décidément, les légendes ne meurent jamais.

Rôle d’une vie, d’une carrière, Rocky est le pendant ultime de Sylvester Stallone : démarrant chichement comme lui,il est devenu une star grâce à lui, il a traversé les strass et les paillettes qui en découlent de manière parfois très maladroites (Sly le concède aisément aujourd’hui) pour finalement revenir au point de départ, modeste et authentique, avec en plus la sagesse acquise au fil du temps qui passe. La phrase finale maladroite et pleine de sous-entendu de Rocky IV où, s’adressant au public moscovite après sa victoire sur Drago, il déclarait « Je peux changer, vous pouvez changer, tout le monde peut changer », résonnerait d’une toute autre façon à la fin de ce film et s’en accomoderait de bien meilleure manière. Tout cela n’est pas bien grave car le « Tu vois Adrian, on l’a fait » de fin (en hommage à l’exceptionnel « Yo Adrian, I did it » de Rocky II) donne la chair de poule comme c’est pas permis, et peut même avoir un léger effet lacrymal (c’est pas passé loin pour ma part, ainsi que 2 ou 3 autres fois dans le film).

Voilà c’est fini et bien fini sur ce somptueux sixième opus. Digne fin d’une des plus grandes figures du cinéma, après avoir connu des hauts et des bas comme tout le monde, Rocky dit adieu aux salles de cinéma avec ce dernier épisode, mais sûrement pas à nos p’tits coeurs, et c’est bien ça le principal. J’avoue avoir très peur pour Rambo IV, mais après avoir vu Rocky Balboa, on peut se dire comme lui que rien n’est jamais fini tant que la cloche n’a pas sonné.

« It ain’t over till it’s over » et c’est tellement vrai. Merci Sylvester.

Pinpinpiiiiiiiin pinpinpiiiiiiiin(air connu)

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