Nobody knows

Un film beau, attachant, déchirant et bouleversant, à ne pas voir lorsque vous avez le cafard ou le bourdon...

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Un film beau, attachant, déchirant et bouleversant, à ne pas voir lorsque vous avez le cafard ou le bourdon…

Le Japon de nos jours. Keiko, mère célibatante et propre sur elle, se présente à ses nouveaux voisins, accompagné de son unique rejeton, Akira, gaillard de 12 ans. Tout se passe bien, on se recommande mutuellement à la bienveillance de chacun, patati patata. Vous me direz jusqu’ici tout va bien.

C’est après que ça se gâte. L’appartement de Keiko et son fils est un chouette foyer pour 2 personnes, mais le nombre de joyeux lurons va vite augmenter, car par un habile subterfuge, on va découvrir que la team Keiko n’est pas composé d’un enfant, ni de 2, ni de 3, mais en réalité de 4 garnements. Akira est donc l’aîné auquel viennent s’ajouter Yuki la « petite » soeur (sensiblement du même âge qu’Akira, peut-être un an d’écart), puis Shigeru, la tête brulée du clan, et enfin Kyoko, le petit bout de chou déjà transformée en parfaite femme d’intérieur du haut de ses 4 ou 5 ans.
On découvre au fil de l’histoire que Keiko est une mère irresponsable et immature, qui laisse Akira veiller sur ses frère et soeurs toute la journée, d’autant que les enfants ne vont pas à l’école, étant des sortes de nomades des temps modernes, obligés de s’exiler dès qu’un ptit souci pointe le bout de son nez.
Le comble se produira le jour où Keiko partira travailler à l’autre bout du Japon, en laissant quelques liasses à Akira, qui bien qu’économe et suffisament mûr pour connaître quelques principes essentiels, n’en demeure pas moins un enfant de 12 ans, qui aurait également besoin de parents dignes de ce nom pour le guider efficacement. La joyeuse ambiance de cette petite tribu qui règne durant le premier tiers du film va peu à peu se transformer en un climat plus pesant pour finir (si on peut parler de fin d’ailleurs) de manière bouleversante (je ne vous raconte pas, sinon vous n’aurez pas envie de le voir, et pi j’aime pas trop « spoiler » (enfin si j’aime bien me poiler ca y a pas de souci wink)).

Le réalisateur Hirokazu Kore-Eda nous donne envie de voir les autres oeuvres de sa filmo, car en terme de direction d’acteurs, c’est une leçon : les enfants jouent de manière juste, si juste qu’on a pas l’impression qu’ils soient en train de jouer un rôle quelconque et que nous assistons en fait à leur vie réelle de tous les jours, ce qui accentue encore plus le sentiment de malaise qui poind de plus en plus au fil du film. Mention bien sûr toute particulière à Yuya Yagira, magnifique de justesse dans ce rôle d’ enfant-« chef » de famille, et qui mérite amplement la Palme du meilleur acteur qu’il a obtenu en 2004 (je comprends pourquoi Choi Min Sik ne l’a pas eu…) ; quant aux autres rejetons, ils sont tous au diapason.

Bref un film terrible au sens propre comme au sens figuré, et les quelques petites longueurs ne m’empêcheront pas de mettre la note maximale ; on tient assurément avec ce film une oeuvre magnifiquement filmée et interprétée. Sorte de Tombeau des Lucioles contemporain, ce film vous restera longtemps gravé à l’esprit. Un long-métrage à voir, assurément.

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